08.03.2010
Les Français de plus en plus accros à Internet
Selon une étude TNS Sofres publiée le 1er mars par La Tribune, 65 % des Français consomment des médias via Internet sur un ordinateur ou un téléphone mobile. Ils n’étaient que 57 % l’an dernier. Une augmentation significative essentiellement stimulée par la dynamique de l’équipement des Français en matière d’accès à Internet, mais aussi par la démocratisation des smartphones, analyse Valérie Morrisson, directrice associée de la division technologies et médias de TNS Sofres interviewée par La Tribune.
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15.02.2010
Zoom sur le Groupe Lagardère
Zoom sur le Groupe Lagardère
A l’occasion de la sortie en kiosque cette semaine de "Envy", un nouvel hebdo féminin (Marie-Claire), le magazine CBNews, dans son édition du 08 février, publie un dossier spécial sur les groupes de presse. Plusieurs pages sont consacrées au groupe Lagardère avec une interview de Didier Quillot, PDG du groupe. Comment réussir le lancement d’un magazine ? Quelles stratégies adopter face à la crise que traverse le monde des médias ? Ou encore, comment se positionner face à Google ?
Sur cette dernière question, le PDG de Lagardère Active est clair : « Il faut rééquilibrer les rapports avec Google. »
Depuis des mois, les éditeurs tentent de trouver des solutions afin que leurs contenus sur la toile soient rémunérés. Google génère l’audience, reste à trouver le moyen d’en tirer des revenus. Didier Quillot ne souhaite pas partir en guerre contre le numéro un des moteurs de recherche, car l’audience qu’il génère est indispensable aux entreprises de presse. Cependant, il est temps que « le rapport économique soit plus équilibré ». Mais avant tout, « l’erreur historique », selon lui, qu’ont commis les éditeurs dès le départ, est d’avoir mis gratuitement en ligne leurs contenus. « Tout ce qui a de la valeur a un prix. » rappelle le PDG de Largardère. A terme donc, Didier Quillot estime que tous les éditeurs devraient s’orienter vers des sites freemiums avec une partie payante et une partie gratuite. Il reste par ailleurs très optimiste quant au rôle des Smartphones et autres supports tel que le tout nouveau iPad lancé par Apple.
Autre acteur important qui ne veut pas se brouiller avec le géant du Net : Bruno Racine. Le président de la BNF soutient dans Les Echos du 09 février que dans le cadre de la numérisation des livres, ’il reste favorable à un accord avec Google si ce dernier « ne comporte pas d’exclusive ». Pour le grand patron de la Bibliothèque François Mitterrand, « un accord avec Google serait un atout pour la BNF parce qu’il donnerait à [ses] fonds une visibilité mondiale ». Récemment rendu au ministère de la Culture, le rapport Tessier sur la numérisation du patrimoine propose un partenariat fondé sur l’échange de fichiers numérisés. Un accord avec Google devrait intervenir d’ici fin 2010. Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture, devrait à ce titre rencontrer les dirigeants de Google au printemps.
Le site du Figaro devient payant
C’est aujourd’hui, lundi 15 février que lefigaro.fr bascule dans le payant, avec des services exclusivement accessibles par abonnement. Pour reprendre l’expression d’Anne Feitz dans Les Echos (12 février), « lefigaro.fr passe au péage ». Désormais, les abonnés qui le souhaitent pourront avoir accès à diverses prestations en ligne. Ainsi, pour 8 euros par mois, ils pourront consulter les pages analyses et débats, l’édition digitale du journal, les archives, ou encore des lettres des journalistes du quotidien. Une autre formule, à 15 euros, baptisée « Mon Figaro Buisness », est destinée aux hommes d’affaires. Elle leur permettra, par exemple, de recevoir tous les matins et tous les soirs un résumé de l’actualité économique.
La mise en place de ces services, dont le coût s’élève à 700 000 euros, a nécessité aussi une réorganisation interne. Désormais, les journalistes du quotidien ou des magazines devront également travailler pour le site. Mais certains journalistes du papier sont réticents car ils craignent de voir disparaître les avantages liés à leur statut.
En développant ainsi lefigaro.fr, Francis Morel, directeur général du groupe Le Figaro, cherche à générer d’autres revenus. En crise comme la quasi-totalité de la PQN, le quotidien pourrait, grâce à la monétisation de l’audience sur Internet, compenser le déclin de la diffusion papier. Avec ces nouvelles offres payantes, lefigaro.fr espère séduire 50 000 abonnés d’ici deux ans.
Double casquette pour Nathalie Collin
Elue à l’unanimité, la coprésidente du directoire de Libération prend la tête de la coopérative des quotidiens de Paris, une des cinq coopératives de Presstalis (ex-NMPP). Nathalie Collin devient ainsi gérante de la principale société chargée de la distribution des journaux en France. Une nomination qui intervient en pleine crise du secteur. Mi-décembre on apprenait que Presstalis était au bord d'un dépôt de bilan dû en grande partie à la chute de distribution des journaux (JDD du 12 décembre 2009). Une restructuration de la société est donc au programme.
Dans le Figaro Economie du 10 janvier, Nathalie Collin annonce que les conclusions de la mission confiée à Bruno Mettling pour réformer Presstaliss devraient être rendues publiques en mars. Beaucoup de travail en perspective donc pour cette nouvelle recrue.
Caroline Athié et l'équipe RP de Press Index
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08.02.2010
Changement de cap pour le groupe Prisma…
Changement de cap pour le groupe Prisma…
« Nous devons trouver un nouveau modèle de croissance rentable. » Tel est le défi que s’est fixé Rolf Heinz pour 2010. Pour la première fois depuis sa nomination en octobre dernier, le nouveau patron du groupe Prisma presse s’exprime sur sa stratégie et il promet des nouveautés (Figaro Economie, le 03/02/01).
Le premier groupe de presse magazine français (Télé loisirs, Femme actuelle, Géo, Voici, Capital) n’a en effet pas été épargné par la crise que traverse le monde de la presse. Baisse de la diffusion des magazines (-7,5 %), chute des recettes publicitaires (-18 %). Pour la troisième année consécutive, son chiffre d’affaires a baissé : il devrait avoisiner les 550 millions d’euros en 2009.
Afin de stabiliser les résultats du groupe, son président entend réduire les coûts en réinventant notamment l’organisation éditoriale. Ainsi, dès le second semestre de cette année, le plan « Rédaction 2010 » entrera en vigueur. Concrètement, une équipe de rédaction pourra fournir du contenu pour plusieurs magazines et sites « sans les remettre en cause », précise Rolf Heinz.
De nouveaux titres issus de parutions existantes du groupe pourraient voir le jour en 2010. Une nouvelle formule éditoriale de Géo devrait être lancée avant la fin de l’année. Et puis un produit « entièrement nouveau, original et pionner » est à l’étude pour 2011.
Côté numérique, Rolf Heinz entend consolider sa place de numéro un de la presse magazine en France, avec 10 millions de pages vues par mois. Commercialisation publicitaire, contenus payants et e-commerce : autant de domaines à développer pour le groupe.
Enfin, Rolf Heinz dément la rumeur portant sur la vente du magazine VSD. Bien que le titre n’ait jamais rapporté d’argent, VSD reste, pour le patron de Prisma, « une marque extraordinaire, connue et puissante qui a gardé tout son potentiel ». Un nouveau concept de VSD sera finalisé au printemps de cette année.
Le journal sur iPhone : lu pas approuvé…
A en croire les éditeurs, les Français semblent bien apprécier de lire les journaux sur leur mobile. Et ce grâce notamment au succès de l’iPhone et de ses applications.
La journaliste Anne Feitz du quotidien Les Echos, dans son article du 05 février, fait référence aux propos de Ludovic Blecher, directeur des éditions électroniques de Libération : « L’iPhone a véritablement révolutionné la consommation des journaux sur les supports mobiles. » Et pour preuve : depuis son lancement à l’automne, l’application lancée par Libé a été téléchargée 400 000 fois. Beau succès pour l’application du journal Le Monde avec 1,3 millions de téléchargements. Le Figaro n’est pas en reste : 600 000 applications ont été téléchargées depuis novembre dernier. L’audience est là donc, reste à la monétiser. Et c’est le casse-tête des éditeurs.
Depuis quelques mois certains ont innové, mais le succès se faire attendre. Libération, par exemple, a été le premier à proposer l’achat dès la veille au soir de la version numérique du journal du lendemain. Mais bien que son prix soit attractif (0,93 euros le numéro), Libération n’en vend qu’une dizaine par jour. Pour Anne Feitz, cela vient peut-être de la lourdeur du mode de paiement puisque l’utilisateur est redirigé via son mobile sur le site Internet.
Outre le passage au payant ou la diversité des contenus, les éditeurs misent aussi sur les revenus que devrait générer la publicité. Ils tablent sur quelques centaines de milliers d’euros de recettes publicitaires pour 2010. Pas encore de quoi, souligne Anne Feitz, compenser le déclin du papier...
L’info en ligne : des chiffres d’audience peu fiables…
Un papier du magazine Stratégies (04 février) à lire cette semaine. Les sites d’info s’en tirent bien. Enfin une bonne nouvelle. La journaliste Cécile Barbière nous donne ce chiffre : +4 % d’internautes en un an. Un chiffre gonflé par les résultats de Facebook. Avec 20,73 millions de visiteurs uniques (classement mensuel de Médiamétrie), le réseau social Facebook arrive en troisième position des sites les plus visités et il a presque doublé son audience puisque fin 2008, Facebook en était à seulement 11 millions d’après Christophe Dané, directeur associé d’Havas Digital.
Du côté des sites de presse, la progression de l’audience est en dents de scie. Libération a presque doublé son audience à 3,65 millions de visiteurs uniques entre décembre 2008 et décembre 2009. Lemonde.fr gagne 1,45 million de visiteurs uniques, à 5,35 millions. Lexpress.fr, en revanche, perd 1 million de visiteurs uniques entre septembre et décembre 2009. Idem pour 20minutes.fr dont le nombre est passé de 4,7 millions en septembre à 3,7 millions en décembre.
D’après certains éditeurs, ces progressions irrégulières sont dues au fait que les sites d’information dépendent de l’actualité. Ainsi, les grands évènements ramèneraient de nouveaux visiteurs, dont une partie deviennent réguliers.
Pour d’autres, en revanche, ce phénomène yo-yo s’explique par l’évolution de la méthode de calcul d’audience de Médiamétrie.
Récemment, l’institut de sondage a modifié son panel d’internautes car une partie avait un comportement atypique qui gonflait artificiellement les audiences. Pour certains éditeurs, cette récente évolution expliquerait l’effondrement d’audience de certains sites en fin d’année.
On attend donc la prochaine étude de Médiamétrie avec impatience.
Caroline Athié et l’équipe RP de Press Index
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01.02.2010
Apple innove, les éditeurs espèrent…
Apple innove, les éditeurs espèrent…
L’actualité cette semaine, c’est Apple qui la crée en dévoilant sa nouvelle tablette numérique prénommée iSlate. Entre l’iPhone et le livre électronique, ce nouvel engin ultradesign est surtout multifonctionnel : il peut servir de télé, de console, mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse, de support de lecture de presse et de livre grâce à un écran en couleur 2 à 3 fois plus grand que celui de l’iPhone. Outre une innovation technologique, il se pourrait que l’iSlate soit l’outil tant attendu par les éditeurs de presse pour instaurer un modèle payant pour de l’info en ligne. C’est en tout cas la question que pose Cécile Barbière, journaliste à Stratégies : « L’ardoise magique va-t-elle sauver la presse ? » (Stratégies du 28 janvier). Pour Alain Weill, patron de La Tribune, « l’année 2010 sera celle de la tablette électronique. Elle pourrait apporter un modèle payant ».
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25.01.2010
Les Français et leurs médias : une histoire de confiance…
Les Français et leurs médias : une histoire de confiance…
Un sujet abordé par la plupart des quotidiens cette semaine : la confiance des Français dans les médias. Il s’agit du sondage annuel proposé depuis plus de vingt ans par La Croix. Dans son édition du 21 janvier, le quotidien y consacre un dossier spécial : « Les Français et leurs médias, une confiance paradoxale ».
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18.01.2010
Numérisation du livre : La France innove
Numérisation du livre : La France innove
Après le monde de l’information, c’est au tour des acteurs de la chaîne du livre de tenter de s’imposer face à Google. « La France lance son alternative à Google Livres » : c’est ce que l’on peut lire dans La Tribune du 13 janvier. Cette semaine, Marc Tessier (ancien président de France Télévisions) a remis à Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture, son rapport sur la numérisation des contenus écrits. Des propositions concrètes qui tombent à point nommé tant l’ambition de Google semble sans limite. « Le vaste programme engagé au niveau mondial par la société Google a donné une impulsion décisive. Toute politique publique, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut cependant ignorer l’avance prise par cet opérateur privé, tant au niveau mondial qu’en Europe. », écrit Marc Tessier dans ses conclusions reprises dans Les Echos du 13 janvier.
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11.01.2010
Une taxe pour sauver les éditeurs!
Une taxe pour sauver les éditeurs
Le rapport Zelnik, remis au gouvernement le 6 janvier, a fait couler de l’encre cette semaine.
Dans les grandes lignes, ce rapport prône l’instauration d’une taxe sur la publicité en ligne pour rémunérer les créateurs de contenus, aussi bien de la filière musicale que de l’édition. Le quotidien Libération, dans son édition du 7 janvier, y consacre tout un dossier : « Musique, cinéma, info… Faut-il taxer Google ? ». L’édito de Laurent Joffrin résume assez bien la situation. L’ennemi n’est pas Internet mais la gratuité sur le Net. L’idée de départ était que « la gratuité, par des sources principalement publicitaires, créerait son modèle économique »… On se rend compte aujourd’hui que les géants de la toile tels que Google ont capté l’essentiel des revenus, alors que les créateurs de contenus, eux, étouffent. L’idée de la mission Zelnik est de taxer les recettes publicitaires des sociétés établies en Europe, et que l’Union Européenne mette en œuvre une enquête sur la situation du marché publicitaire.
Une idée « pauvre pour le pays de Malraux » : Jean-Baptiste Jacquin, du quotidien économique La Tribune (08 janvier), déplace le débat. Il estime que cette taxe est en un sens une façon détournée d’aborder le problème des domiciliations fiscales. Car aujourd’hui, Google (établi en Irlande) ou encore Yahoo échappent aux impôts. Pour Jean-Baptiste Jacquin, « Internet impose au cinéma, à la musique et au livre d’opérer leur révolution, et de faire émerger de nouveaux modèles économiques. Mais c’est par l’offre que cela arrivera, pas par l’impôt. ».
Reste à savoir ce que le gouvernement décidera de retenir. Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a pour sa part qualifié le rapport Zelnik de « remarquable » et « pragmatique », apportant une « approche panoramique et anticipative ».
Pendant ce temps…
Pas de journaux dans les kiosques. La semaine a également été dominée par cette grève des ouvriers du livre de Presstalis (ex-NMPP)… La raison de la protestation : la suppression de 17 emplois au centre de traitement des quotidiens de Gonesse. Le SPQN (Syndicat de la presse quotidienne nationale) a condamné l’action des grévistes, estimant qu’ils « contribuent en fait à aggraver encore la situation déjà préoccupante de la presse nationale ». Le quotidien La Croix du 08 janvier rappelle que « ce conflit s’inscrit dans un cadre plus large, celui de la réforme de Presstalis » dont les pertes en 2009 s’élèvent à 15 millions d’euros. Urgent donc pour le groupe de réaliser des économies en se restructurant, car les ventes de journaux ne cessent de baisser. Pour Patrick Eveno, auteur de La Presse quotidienne nationale : fin de partie ou renouveau ?, « Les ouvriers du livre sont dans une logique suicidaire. Le système n’est plus adapté à la réalité du moment. […] Pour faire des économies, il est indispensable de regrouper les réseaux de distribution. » C’est comme si les ouvriers du livre se tiraient une balle dans le pied puisque toutes les études montrent qu’après ce type de grève, les quotidiens « perdent pour toujours entre 2 % et 5 % de leurs lecteurs ».
Dans le reste de l’actualité…
L’interview de Bernard Spitz dans le Journal du dimanche du 02 janvier. Le spécialiste des médias passe en revue les grands thèmes liés au secteur : modèle payant, complémentarité de l’offre, nouveaux supports… autant de défis que les médias vont devoir relever en 2010.
À l’occasion de la sortie d’un hors-série papier du site d’information Mediapart, Edwy Plenel, ancien directeur du Monde et créateur de Mediapart, répond aux questions de Pauline Delassus (Paris Match, 31 décembre). Edwy Plenel revient sur le débat « gratuit contre payant ». Pure folie, selon lui, de croire en la gratuité : « Il faut de la valeur ajoutée pour laquelle le public est prêt à payer ».
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21.12.2009
Crise au NMPP ... qui va payer ?
Dans la crise que traverse le monde de la presse, les NMPP, premier distributeur de journaux en France, ne sont pas épargnées. La Tribune, dans son édition du 18 décembre, a titré ainsi : « Les NMPP en quête d’argent ». En effet, d’après une information révélée par le site Rue89 et reprise par tous les grands quotidiens nationaux cette semaine, les Nouvelles messageries de la presse parisienne (rebaptisées Prestalis) seraient proche du dépôt de bilan. Dans une interview accordée au Journal du dimanche et publiée le 12 décembre, Rémy Pflimlin, directeur de Prestalis, révèle que leur chiffre d’affaires presse est en baisse de 7 % en 2009, ce qui représente une perte de 5 à 10 millions d’euros. Une baisse essentiellement due à la chute de diffusion des journaux. La situation est d’autant plus grave que « les fonds propres des NMPP sont négatifs (moins 24 millions d’euros) en raison d’un plan social de 62 millions d’euros. » (Le Monde, 17 décembre).
Alors, qui va payer ? C’est la question à laquelle le groupe Lagardère (actionnaire à 49 %) et les éditeurs de presse (qui détiennent les 51 % restants) ont tenté de répondre lors d’une réunion jeudi dernier. Jusqu’à présent, Lagardère a estimé que tous les actionnaires devaient faire des efforts et que les éditeurs devaient accepter des hausses de prix pour distribuer les journaux. Refus catégorique des éditeurs. Pour eux, c’est à Lagardère de payer les dettes de la société. D’après Les Échos du 18 décembre, il semblerait qu’ils se soient quand même mis d’accord : à l’issue de leur réunion, ils ont annoncé « travailler sur un plan de reconstitution des fonds propres qui concerne l’ensemble des actionnaires, et dont les principes seront arrêtés d’ici à fin janvier. » (La Tribune, 18 décembre).
Mais comme si cela ne suffisait pas, parallèlement à ces problèmes d’ordre financier, Prestalis doit faire face à la grogne des MLP (Messageries lyonnaises de presse), leur concurrent numéro un. Ces derniers accusent Prestalis de concurrence déloyale et pointent du doigt sa mauvaise gestion qui pourrait entraîner « un effondrement du système » (La Tribune, 18 décembre).
Dans un communiqué repris dans CB News le 15 décembre, les MLP demandent à Prestalis une médiation afin d’engager une discussion sur la réforme de la distribution de la presse.
Une requête acceptée par Prestalis, qui souhaite toutefois que cette médiation soit menée par le Conseil supérieur des messageries de presse.
Dans le reste de l’actualité cette semaine…
Bing monte en puissance. Au mois de novembre, le moteur de recherche de Microsoft a pour la première fois totalisé 10,3 % de parts de marché aux États-Unis (Les Échos, 18 décembre), d’après des chiffres de comScore. Bing réalise une vraie performance, alors que six mois à peine se sont écoulés depuis son arrivée. Et Yahoo! peut se faire du souci. Pour l’analyste de Citigroup Mark Mahaney, « chaque mois depuis le lancement de Bing, Yahoo! a vu sa part de marché tomber plus bas »… Moins 0,5 point en novembre.
Mais s’il a rapidement rivalisé avec le numéro deux des moteurs de recherche, Bing ne pèse pas encore bien lourd face à Google. Au niveau mondial, le géant de l’Internet totalisait en novembre 84,9 % des parts de marché alors que Bing, lui, ne dépassait pas les 3,26 %.
L’interview de la semaine : Olivier Esper, directeur des relations institutionnelles de Google France, répond aux questions du magazine hebdomadaire Écran total (16 décembre). Olivier Esper revient, en détail, sur le débat concernant la taxation des moteurs de recherches. Une taxe proposée par la commission Zelnik afin de financer la création dans des domaines tels que le cinéma, la musique ou encore le journalisme.
Caroline Athié et l'Equipe RP de Press Index
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14.12.2009
Editeurs vs Google ... que vont faire les éditeurs ?
Les éditeurs français proposent des mesures concrètes pour contrer Google
Après la sortie de Murdoch, fin novembre, qui a menacé de retirer ses titres de Google et de réserver en exclusivité et contre rémunération le contenu de ses journaux à Bing, moteur de recherche de Microsoft, la fronde des éditeurs de presse a pris une tournure mondiale.
Et la presse française s’organise (Stratégies du 10/12/09). Réunis au sein du SPQN, les éditeurs français ont planché cette semaine sur une série de propositions, afin de « rééquilibrer le marché ». Ces propositions ont été transmises à la commission Zelnick qui a été chargée par le ministère de la Culture de réfléchir à l’offre légale de contenu culturel en ligne.
La Correspondance de la presse s’est procuré le rapport de cette commission. Ainsi, dans son édition du 07/12/09, le quotidien spécialisé nous révèle notamment que les éditeurs réclament qu’une taxe sur la vente de supports (ordinateurs, smartphones,…) leur soit reversée, d’après le principe déjà mis en place dans l’industrie du disque. Autre revendication : l’instauration d’une « contribution créative » qui définirait les limites du référencement des articles de presse, avec par exemple les 500 premiers signes des articles, accompagnés du logo du journal ou site de presse en ligne. L’autre proposition mise en avant par La Correspondance de la presse, c’est l’application, pour les abonnements couplés (presse + web) d’un taux de TVA revu à la baisse et en conformité avec les lois européennes.
Reste à savoir si la commission Zelnick, qui doit remettre son rapport au gouvernement demain, retiendra toutes ces propositions.
Les recettes publicitaires, nerf de la guerre.
Si 2009 a été « une année épouvantable » d’après Nicolas Beytout, PDG du groupe Les Echos, 2010 sera une année charnière pour CB News. Dans son édition du 07/12/09, le quotidien économique fait le point sur les différentes stratégies adoptées par les patrons des grands quotidiens français pour tenter de faire face à une perte croissante de revenus. Aux Echos, par exemple, les pertes pourraient apparenter les 10 millions d’euros (chiffre non confirmé par la direction). Et on constate que la progression de diffusion du quotidien économique en 2009 n’a pas comblé la baisse de 40 % des revenus publicitaires depuis 2007. Une tendance globale, confirmée déjà cet été par l’étude annuelle de la Direction du Développement des Médias (publiée par Le Figaro économie du 07/08/09) sur l’état de la presse écrite, pour qui « l’ensemble du chiffre d’affaires de la presse est essentiellement tributaire de l’évolution du marché publicitaire sur le long terme ».
Dans le reste de l’actualité cette semaine…
« Depuis des siècles, les gens ont l’habitude de payer pour ce qui les intéresse », alors pourquoi la presse s’en priverait-elle ? C’est en quelques mots l’état d’esprit de Mathias Döpfner, le président du Groupe Axel Springer. Dans une interview accordée au Wall Street Journal, le premier éditeur de journaux européens a annoncé qu’il rendrait payantes les applications iPhone de ses deux quotidiens phares Bild et Die Welt. Axel Springer a annoncé par ailleurs au Figaro économie du 09/12/09 qu’il était actuellement en discussion avec des opérateurs de téléphonies afin de trouver un moyen simple et efficace de payer en ligne comme, par exemple, offrir à l’internaute un mode de paiement via sa facture téléphonique.
Une opération innovante détaillée à la une des Clés de la presse du 11/12/09 : l’agence Mondadori France publicité lance dès demain et jusqu’au 17 décembre « Les exclusivités Mondadori ». S’inspirant des ventes privées, Mondadori va permettre aux agences médias d’acheter une trentaine d’espaces publicitaires premiums (3ème, 4ème de couverture,…) sur treize de ses titres, à des tarifs préférentiels. Attention, l’agence précise toutefois que même s’ils devront confirmer leur réservation dans les plus brefs délais, les premiers arrivés seront les premiers servis.
A lire enfin dans Le nouvel Economiste du 04/12/09, deux pleines pages rédigées par Eric Fottorino. Le président du directoire du Groupe Le Monde nous détaille sa stratégie commerciale et éditoriale afin de s’adapter à un nouveau modèle économique. Le papier, le web fixe ou encore le téléphone mobile, autant de supports qu’Eric Fottorino compte exploiter.
Caroline Athié et l'Equipe RP de Press Index.
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07.12.2009
La semaine des médias de Caroline A.
La Fronde des éditeurs français face au géant de l’Internet
Après Murdoch, c’est au tour des éditeurs français de se positionner face à Google. Plus question pour eux de laisser le numéro un des moteurs de recherche piller le contenu de leurs journaux. Dans Les Echos du 3 décembre, on apprend ainsi que les grands quotidiens français, réunis au sein du SPQN (Syndicat de la presse quotidienne nationale), se sont concertés mardi dernier pour faire front commun afin d’entamer des négociations avec Google courant janvier.
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