28.05.2010
La Presse écrite n'est pas morte
Presstalis a réalisé pour la première fois une étude sur les habitudes de consommation des acheteurs de presse. Pour ce faire, la société chargée de la distribution des publications a passé au crible les tickets de caisse des diffuseurs. Une base de données riche en informations. Tendance.
Premier constat : le consommateur achète plutôt ses titres préférés le lundi (hebdo télé, presse féminine) et le samedi. Ces deux jours représentent chacun 17 % des achats de la semaine. Mais depuis 2004, on constate un glissement des achats du lundi vers la fin de semaine. Deux raisons majeures à cela : la fréquentation des grandes surfaces le week-end et une offre de fin de semaine enrichie. D'après Marie-Hélène Polloni-Soulier, directrice marketing éditeurs de Presstalis (Libération du 24 mai 2010), le phénomène tend à s'amplifier. En effet, de nombreux hebdomadaires ont décalé leur jour de parution au vendredi ou au samedi.
Deuxième constat, conséquence du premier : le jour le plus rentable est le samedi. Le panier moyen du consommateur ce jour-là est de 3,51 euros, suivi de près par le vendredi (3,02 euros). A l'inverse, le jour le moins rentable est le lundi, en raison du faible prix des hebdos TV majoritairement achetés ce jour-là.
Dans l'ensemble, c'est le matin que le consommateur achète : les quotidiens réalisent 80 % de leurs ventes avant 13 heures. L'étude révèle également dans le détail le type de journaux achetés en même temps. On peut ainsi noter que la majorité des consommateurs de magazine télé sont des monoacheteurs, et lorsqu'ils achètent un autre titre en complément, ils choisissent en général des magazines people, de la presse féminine, ou des titres de cuisine et sportifs. On retrouve les gros consommateurs aux rayons histoire, voyage et ado/éducatif.
Enfin, une nouvelle famille de magazine, située entre le people et le féminin, vient gonfler les chiffres des deniers mois. Il s'agit des titres tels que Grazia, Envy et Be, qui à eux trois ont cumulé 530 000 exemplaires vendus la seule semaine du lancement du dernier-né de Lagardère. En un sens, ce constat peut faire naître un vent d'optimisme sur l'avenir proche de la presse papier : quand l'innovation est là, le consommateur répond présent ! (Presstalis). Face aux grands bouleversements que traverse le secteur et au développement des médias sur Internet, les éditeurs de presse écrite n'ont d'autre choix que de s'adapter. Reste que leur positionnement doit s'orienter autour de leur point fort : une information ciblée, enrichie, et/ou à forte valeur ajoutée pour de nouveaux consommateurs.
En conclusion du XVIe Congrès de la presse française, Eric Guilly, président de Publicis Consultants Worldwilde, rappelait ceci: " Dans les années 70, il y a eu une formidable campagne des éditeurs de presse sur le thème de la réponse de Gutenberg à Mac Luhan*. Il faut aujourd'hui que la presse mette en place la réponse de Gutenberg à Bill Gates". L'attaque est la meilleure défense.
*Herbert Marshall Mac Luhan (21/07/1911-31/12/1980) philosophe, sociologue et théoricien de la communication.
Caroline Athié
11:08 Publié dans Kiosque, Presse, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
|
|
Digg |
Facebook




Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://pikablog.blog.blogspirit-business.com/trackback/11463
Commentaires
Si le renouveau de la presse passe par des titres comme Grazia, ou Envy, on est mal barre. La lecture de la presse doit desormais faire partie integrante des offres en milieu scolaire et etudiant. Des initiatives comme Le Monde offert aux lyceens doivent se poursuivre. Et que penser de la fin du papier et de la revolution numerique en ce jour de sortie de l'Ipad ?
Écrit par : 6#@- | 28.05.2010
Écrire un commentaire